Stéphanie, gagnante du voyage à Madagascar lors de la tombola des 10 ans d’EDI a profité de son voyage en mai 2026.
Souhaitant découvrir nos projets sur place, elle a partagé son quotidien avec ses proches, et EDI a la chance de faire partie de cette belle aventure.
Avec l’accord de Stéphanie, nous partageons avec vous les moments liés aux projets EDI qu’elle a visités. Notre première étape commence lorsque Stéphanie quitte la capitale, Antananarivo pour se rendre dans la région de Brickaville.
1. En chemin vers la Côte Est de l’Île
» Ce matin, transfert en jeep vers l’est de l’île par la RN2. 8h de route en assez bon état (bien meilleure que la veille). Les paysages sont déjà différents, moins de cultures de riz (ils utilisent la terre après la récolte pour fabriquer des briques pour la construction), plus de forêts (bananiers, arbre du voyageur= palmier en éventail). Nous traversons Brickaville où nous visiterons jusque vendredi les projets mis en place par EDI dans cette région : écoles, cantines, kiosques solaires, potagers éducatifs, etc. «
2. En route vers Avilona et Sahatakoly
Stéphanie va visiter deux anciens projets de l’ONG : des écoles dans lesquelles nous avons mis en place des cantines autosuffisantes et des écoles électrifiées grâce à un kiosque solaire.
» On démarre à 6h30 car la route sera ensuite fermée pour les travaux de pavement. Près de Brickaville, on prend un chemin de terre, le 4×4 s’embourbe mais notre chauffeur maîtrise super bien. Il nous décharge devant un pont qui ne supporterait pas le passage de la voiture. On continue à pied sur les 4km restants.
Première école à SAHATAKOLY, 265 enfants. Accueil avec une haie d’honneur, des chapeaux de paille tressée, des chants, des danses pour les filles, les garçons font une (comment dire) démonstration avec des morceaux de bambou qu’ils frappent dans une chorégraphie bien précise. Visite de la cuisine (pour les repas scolaires 1 à 2 fois par semaine) et du kiosque solaire = 2 anciens projets que l’ONG à mis en place, fait construire sous la supervision des représentants locaux pour que l’équipe éducative / la communauté, au bout de 3 ans, soit capable de gérer par elle-même et de développer des activités qui génèrent des revenus à l’école pour acheter/produire la nourriture (bananeraie, potager, élevage, etc.). Ils rechargent chaque jour des lampes que les enfants reprennent à la maison pour faire leurs devoirs et dont profitent leurs familles en soirée (il fait nuit à 17h30).
3. L’école de Vohitrambato
» Une heure de trajet en bâteau pour atteindre l’école de VOHITRAMBATO (204 élèves) sur les rives du fleuve Rianila.
- L’école est aux normes anticycloniques, elle a pu abriter les enfants et les habitants du village et hameaux. Pour abriter un max de gens, les bancs et pupitres sont pliables et modulables. Trois grandes classes pour les 5 niveaux primaires, 2 annexes pour les maternelles (trop choux ces petits).
- Les latrines et une douche en dur, réserve d’eau de pluie pour la chasse (à sec pour l’instant).
- Les logements des enseignant(e)s qui rentrent chez eux le week-end.
- Le puits (pompe à bras) utilisé par le village contre une cotisation de 200 ariary/mois/famille (=0,04€, ce qui n’est pas rien pour eux)
- La ferme pédagogique composée de 36 poulets, 25 canards, 5 lapins
- Et le potager : les enfants s’en chargent de la graine à la récolte, sous la supervision et les explications du préposé.
Concombres, chou chinois, patates douces, ananas, corossol, cannelle, girofle. Les légumes, fruits, animaux sont principalement vendus (dans le village ou sur le marché, revenus pour le préposé et pour l’école).
Plus loin, des arbres fruitiers : ramboutan, cerise de café, carambole, banane, orange, mandarine, curcuma…
De retour à l’école, nous recevons un panier de ramboutan, c’est proche du litchi, j’adore !
Les enfants travaillent bien, ils sont appliqués et heureux d’avoir une « belle » école. Le directeur est jeune et motivé. L’aide, l’organisation, l’expertise et le support de l’ONG et surtout la volonté des bénéficiaires font que le projet perdure et est viable dans le temps en autonomie. C’était une belle journée, on commence à accumuler la fatigue. »
4. Belambo
Aujourd’hui, Stéphanie visite notre construction d’école et d’infirmerie scolaire à Belambo :
» Nous allons à BELAMBO dans les collines, 2 bonnes heures pour faire 30km de piste de cailloux et de terre. L’école est en construction, elle pourra recevoir 150 enfants (92% des habitants de cette zone éloignée sont tjrs analphabètes). Les ouvriers ont fini le gros-oeuvre + cimenter les murs extérieurs. Ça doit être terminé pour la rentrée de septembre (2026-2027), ils viennent de démonter les échafaudages (en bois !). Le projet global est en fait d’utiliser les collines pour y planter des arbres utilisés dans la production de carburant (je n’ai pas les détails) en échange, il sont tenus de faire des projets pour améliorer les conditions des habitants. E.D.I. (l’ONG de Luxembourg) a été sollicitée pour la mise en place des écoles. Une pépinière est en fonction pour semer et faire pousser ce fameux Pongamia mais aussi cannelle, girofle et café pour diversifier les espèces. 2 puits sont neufs et fonctionnels (il a fallu creuser 15m) mais il faut descendre pour y arriver (et remonter les bidons, j’étais dans le rouge). Les villageois ont participé au chantier en allant chercher le sable dans la rivière et ils l’acheminent au chantier. Nous allons à pied (euh genre randonnée plutôt) jusqu’au village principal. Pour notre venue, il ont élargi et débroussaillé le sentier d’accès. Mot du « chef ancestral », remerciements et encouragements de Jeanne, photos et nous repartons avec des noix de coco, cette fois. Retour : forcément par la même route. Ah j’ai oublié de dire : il a plu… on est trempées, godasses boueuses (cette terre rouge, c’est de la glaise) Notre Land cruiser passe partout mais plus compliqué pour ceux qui nous suivent. Chaque jour son lot de découvertes et d’épopées en tous genres. Mais je me régale de cette aventure ! «
5. Vers Toamasina / Tamatave
» Trois bonnes heures de route nationale vers le nord (90km) pour atteindre Toamasina, sur la côte est, au bord de l’océan indien. La route n’était pas trop mauvaise 🥴.
C’est la zone la plus directement touchée par le cyclone Gezani de février. On traverse une palmeraie où les arbres sont décapités. Certaines maisons en falafa (matériaux issus du ravinala, arbre du voyageur, palmier en éventail) sont déjà reconstruites, d’autres sont couvertes de bâches ou de tôles neuves, les tentes des aides humanitaires sont encore là. C’est désolant.
L’hôtel Ocean501 est sur la digue, face à la mer. La partie restaurant-terrasse est toute neuve parce que détruite aussi par le cyclone. Ce soir le temps est calme et pourtant les vagues frappent si fort la plage que la porte vitrée de ma chambre tremble… alors sous un cyclone, ça devait être l’enfer. «
6 : Centre Enfants de Joie, centre d’accueil d’enfants orphelins
Ce lundi, Stéphanie visite le CEJ, un centre que EDI aide depuis plus de trois ans maintenant. Il a beaucoup souffert du passage du cyclone Gezani, mais nous faisons le nécessaire pour qu’il puisse se redresser rapidement et que les 54 enfants qu’il accueille restent dans de bonnes conditions.
» C’est lundi, on reprend le boulot, comme tout le monde.
La matinée entière est consacrée au Centre Enfants de Joie (CEJ) qui accueille des enfants handicapés et d’autres nécessiteux (orphelins ou placés par la juge pour le bien de l’enfant).
Il se trouve dans un quartier de Tamatave. Certains bâtiments sont encore en reconstruction, ils s’adaptent. Ici, après avoir amélioré le confort du centre (cour pavée, dortoirs, cuisine, sanitaires, …), E.D.I. a mis en place (entre autres) une activité génératrice de revenus un peu particulière : le souhait du CEJ était d’avoir beaucoup de poules pour vendre les œufs (jusque-là, rien de spécial). Le problème majeur est que le prix de la provende 😊 mélange céréales-protéine-calcium) a flambé et empêche l’activité d’être rentable (merci Covid). L’alternative est donc de produire eux-mêmes une partie de la nourriture grâce à des mouches… qui pondent des œufs… qui deviennent des larves… qui mangent des déchets alimentaires… la matière est tamisée et devient du compost pour le potager… une partie des larves récupérées nourrit les poules (économies sur la provende) … les autres deviennent des mouches… et recommencent le cycle.
Réunion avec le staff sur la gestion du centre.
Dans un bâtiment annexe se met en place un Centre de Formations Professionnelles qui proposera des cours en – ouvrage métallique – pâtisserie – art malgache- décoration intérieure. La jeune responsable est dynamique et motivée, on lui souhaite beaucoup de succès.
Lunch rapide dans un restaurant qui se relève des dégâts du cyclone. On mange sous une dalle toute fraîche, dans le chantier, à côté des étais en bois (encore des camarons, j’adore).
Après-midi, visite d’un foyer de 29 enfants principalement orphelins ou dont les familles ne pouvaient plus s’occuper. Les dégâts étaient relatifs pour les bâtiments : 2 panneaux solaires, quelques tôles, toutes les gouttières et l’entièreté du poulailler. Les lieux sont d’une propreté impeccable ! C’est en fait un repérage pour peut-être un nouveau projet d’aide mais à ce stade, E.D.I. ne peut rien promettre. Au fur et à mesure des visites, je me rends compte que pour chaque projet, l’ONG s’investit pendant plusieurs années : de l’idée à l’évaluation de viabilité, le dossier, le business plan, les autorisations, les sponsors, les partenaires sur site, les devis, la mise en œuvre, les formations, les réunions hebdomadaires, le suivi de près durant min 4 ans, les ajustements, … Avec en ligne de mire l’autonomie, la gestion transparente et l’autosuffisance et le bien-être des bénéficiaires. Chapeau ! J’espère aussi vous sensibiliser à cela. «